Membre de la Convergence pour le Renouveau du Basketball Sénégalais (Crbs), Mamadou Keïta dit Pathé est candidat pour l’élection du président de la Fédération sénégalaise de basket, prévue le 27 mai. Pour l’heure, seul concurrent du président sortant Me Babacar Ndiaye, Pathé Keita s’est prononce sur la motivation de sa candidature. Dans cet entretien téléphonique qu’il nous a accordé, le président de Guédiawaye Basket dénonce les agissements fallacieux de son adversaire et promet la réforme des compétitions nationales, mais aussi des textes de la Fédération sénégalaise de basket-ball (Fsbb).
Les Echos : vous avez déposé votre candidature à l’élection de la présidence de la Fsbb. Peut-on savoir ce qui vous a motivé si on sait que vous l'avez fait à l'ouverture d'une seconde procédure ?
Pathé Keita : c'est une attente de tous les acteurs. On a senti ce besoin de changement, surtout par rapport à la méthode de gestion. Nous savons tous que rien ne va au niveau du basket sénégalais, aussi bien sur le plan national qu'international où nous accumulons des échecs. Au-delà de cela, il y a des questions de transparence sur la gestion. Les bilans ne sont pas certifiés et les commissaires aux comptes ne sont jamais présents lors de assemblées générales. C'est compte tenu de tout cela qu'on a jugé nécessaire de déposer notre candidature pour apporter le changement.
Il faudra des réformes profondes à tous les niveaux. Il faut réformer les compétitions domestiques, mais aussi les textes de la Fédération sénégalaise de basket-ball.
Comment comptez-vous vous y prendre par rapport à ces projets de réforme ?
Tout de suite après notre élection, nous allons accélérer les compétitions nationales. Faire en sorte de finir au plus tard en août, après on aura le mois de septembre pour bien travailler et réfléchir à ces changements.
Et pour les compétitions nationales et internationales, vous allez aussi réformer sachant que le championnat se joue régulièrement et que les équipes nationales même si elles ne brillent pas à l'international participent aux compétitions ?
Il ne s'agit pas seulement de jouer. Le championnat de deuxième division n'a toujours pas démarré. Les matchs ne sont pas suffisants. Il y'a des équipes qui ne jouent que 6 matchs durant la saison par exemple à Dakar. Tout ceci dénote le manque d'analyse profond. Pour une compétition de niveau 2, il faut au moins un certain nombre de matchs, au minimum 20. Même en cas de montée, on remarque qu'on descend tout de suite après parce que le nombre de matchs n'est pas suffisant. Il fait réformer dans ce sens. La Fédération devra respecter un système avec un nombre de matchs défini à tous les niveaux conformément aux règlements généraux.
Au niveau des compétitions internationales, on a tous vu qu'on n'est pas qualifié à la Coupe du monde chez les garçons alors qu'il y avait 5 tickets à prendre encore alors qu'il y a des équipes moins cotées qui sont qualifiées. Chez les filles aussi c'est pareil, on a fini 4e au dernier Afrobasket. Tout cela découle d'un certain recul et de manque de performance de nos équipes nationales. Les jeunes aussi ont été éliminés en quart de finale.
Ce week-end, des clubs se sont réunis. Au sortir de cette rencontre, votre adversaire a confié avoir le soutien de 21 su 25 d'entre eux. Est-ce que cette situation vous donne encore un brin d'espoir aux élections ?
Il ne dit pas la vérité. C'est tellement facile de prendre l'en-tête de la fédération, convoquer les clubs pour une réunion avec un ordre du jour bien déterminé : « évaluation de la saison ». Les clubs avaient donc l'obligation d'y aller. A leur place, je me serais aussi déplacé. Mais après sortir et dire que les clubs me soutiennent, je crois que c'est même manquer de respect à ces clubs.
Babacar Ndiaye est en train d'installer une compétition déloyale. C'est un candidat et il ne doit pas utiliser les moyens administratifs de la fédération pour faire sa campagne. Il est parti hier à Saint-Louis et à Louga mobiliser les présidents de Ligues. Il va reconduire la même méthode, convoqué les clubs et après dire qu'il a leur soutien. Ce n'est pas honnête.
Si on respecte les textes sa candidature n'est pas recevable.
Dites-nous comment puisqu'il n'y a pas de limitation de mandat dans les textes de la Fédération ?
Il n'y a pas de limitation de mandat mais Babacar Ndiaye doit être mandaté par un club comme tout candidat. C'est ce qui découle de l'arrêté ministériel. Ce qui n'est pas son cas. En modifiant les articles il devait prendre en compte l'arrêté, il ne l'a pas fait. Ça veut dire que le comité électoral, s'il respecte les droits, doit se référer à l'arrêté ministériel. Parce que même si on parle des textes de la Fiba, ça doit être transposé dans notre réglementation générale. Les textes de la Fiba partent de la limitation des mandats du président. C'est important que les gens soient au courant de ça. Le président doit avoir deux mandats sur les textes de la Fiba. Babacar Ndiaye est en train de faire du trafic d'influence et prend les clubs comme un bouclier. Il est en train de faire de la propagande, mais il sait qu'il ne peut pas être candidat parce que c'est un juriste.
Que pensez-vous du comité électoral qui a été installé récemment ? ont-ils gagné votre confiance ?
Tout dépend des actes qu'ils vont poser. C'est à travers leur premier acte qu'on est allé déposer notre candidature. Personnellement, quand je sentirai que le droit est bafoué je vais me retirer simplement. Déjà Babacar a instauré une compétition déloyale, je reste, je ne dis rien en bon compétiteur.
Mais vous retirer fera de Babacar Ndiaye seul candidat à sa succession...
Mais on va le laisser continuer à détruire le basket. Il l'a déjà fait de toute façon. Historiquement, les gens sauront qu’il s'était agi de poser un acte, j'ai eu à le faire. J'ai dénoncé, j'ai posé un acte. C'est à l'Etat de faire en sorte qu'on organise des élections démocratiques où le droit sera dit. Il n'a pas le droit d'utiliser les moyens de la fédération pour faire sa campagne. Il prend les ballons que la Fiba et la BAL ont offerts pour donner ça aux clubs pour faire sa campagne. Ce n'est pas sérieux.
Quel sera véritablement votre premier chantier ?
J'ai un programme que je suis en train de finaliser. On fera une grande communication pour mettre ce programme à la disposition de la presse.
Le chantier est très vaste. Il y a déjà la réforme des compétitions domestiques, mais aussi celle des textes. Parce qu'il y a des points qu'il faut impérativement réglementés. Il faut toucher les règlements généraux.